Lettre Ouverte à…

Satyres épistolaires.

… aux youtubeurs (français)

Attention ! Les avis et opinions exprimés dans l’article n’engagent que leur auteur. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à consulter la F.A.Q.

Le grand monde de l’Internet est en berne. En effet, si, comme moi, vous naviguez occasionnellement sur un petit site indépendant d’hébergement de vidéos, à savoir Youtube, et ce pour visionner d’autres vidéos que celles de Kanye West, Infos24h24 ou de chats trop kikoulol, vous avez pu remarquer qu’une certaine agitation régnait au sein de la communauté des « podcasteurs » français (entre autres).

Tout d’abord, résumons le phénomène. La gratuité et la facilité d’accès au web ont effectivement contribué à l’essor de ce qu’on appelle aujourd’hui les podcasteurs web, à savoir des individus lambdas s’exprimant sur un sujet défini, par le biais d’une vidéo accessible gratuitement sur la toile. En France, le genre a notamment été intronisé par Norman Thavaud (Norman fait des vidéos), Hugo Dessioux (Hugo Tout Seul), Marc Derousseau (Kemar) ou encore Cyprien Iov (Cyprien), et s’est d’abord orienté vers l’humour « dailylife », c’est à dire faire rire en parlant de sujets du quotidien, de la vie de tous les jours (on citera notamment les classiques, à savoir masturbation, Swag, soirées et agressions sexuelles sur personnes âgées). J’ai d’ailleurs longtemps hésité à me lancer dans cette frange du podcast, avant de me rendre compte que je voulais faire quelque chose de ma vie.

Seulement voilà, quelques temps plus tard, d’autres petits larrons se sont certainement dit que hein, bon, ça suffit les conneries, et que le concept pouvait certainement être utilisé à d’autres fins que d’enfermer les gens dans de sombres stéréotypes, d’abuser du grand-angle et de vendre des tablettes de chocolat Crunch. Sont alors apparus, en parallèle de tristes copies des loulous cités plus haut, des chroniqueurs qui, sans oublier le côté humoristique de la chose, s’évertuent à insuffler un côté culturel à leurs productions, et réussissent pour certains à vivre de la monétisation publicitaire de celles-ci. C’est aujourd’hui à ceux-ci que je m’adresse, qu’ils soient centrés sur le jeu vidéo (Joueur du Grenier, Benzaie, …), l’internet (Antoine Daniel, Salut les Geeks, …), le cinéma (Le Fossoyeur de Films, …), la philosophie (Dany Caligula, Minute Papillon, …), ou autres.

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Chers youtubeurs, chères youtubeuses (c’est quand même sacrément moche),

La semaine dernière, vous avez pu être pris de court, et ce à juste titre. En effet, Youtube, ou plus exactement Google, a décidé, sans visiblement jugé utile de vous prévenir, de modifier radicalement sa politique de respect de droits d’auteurs sur le site de partage de vidéos. Jusqu’ici, la firme était plutôt lâche, gardant son statut de site gratuit, accessible et profitable aux créateurs indépendants : le système de modération se contentait alors d’interdire la publication de vidéos à caractère insultant (à l’exception de l’insulte culturelle, que pratiquent allégrement Miley Cyrus, Alex du Québec, ou encore Garou, pour ne citer qu’eux) ou d’œuvres intégrales soumises à des droits d’auteurs (films, musiques,…).

Mais voilà, la nouvelle position concernant ces mêmes droits consiste donc à radicaliser la notion de respect ceux-ci. Autrement dit, toute vidéo utilisant un contenu soumis à ces présents droits, comme un extrait de la comédie musicale Robin des Bois, ou du dernier spectacle trop drôle de Franck Dubosc, même pendant quelques secondes, sera susceptible de s’exposer, au choix, à un de ces cas de figures :

  • Si la vidéo comporte un encart publicitaire, l’argent généré par celui-ci sera immédiatement reversé aux ayant-droits, quelque soit la durée d’exposition du contenu concerné. Si la vidéo n’en comporte pas, il en sera automatiquement instauré un, la monétisation revenant toujours à ces mêmes ayant-droits.
  • La piste sonore de la vidéo pourra être coupée, ce qui entacherait la compréhension et l’intérêt de la chose (à l’exception des vidéos de PewDiePie, pour lesquelles votre ouïe serait sauvée)
  • La vidéo sera susceptible d’être purement et simplement bloquée, à l’image de vulgaires contacts MSN (oh que si, vous vous en souvenez).

Bien entendu, je sais que je ne vous apprends rien, mais il était bon de rappeler le contexte. Ainsi, comme l’un de vous, DanyCaligula, l’a intelligemment dit, cela soulève de nombreux problèmes, dont le plus important serait la priorisation des chaînes d’éditeurs sur les « Networks », sortes de regroupements de podcasteurs, n’ayant pas le poids financier des premiers cités. Cependant, je souhaiterais ici vous exposer ma pensée sur le sujet, ma théorie sur les raisons qui pourraient être celles poussant Youtube à agir de la même manière qu’un banquier contraint de vendre un nombre défini de crédit, afin d’éviter de passer à la guillotine patronale.

On a pu assister, au début du XXIè siècle, à l’essor, puis à la démocratisation de l’internet en tant qu’outil permettant un accès libre à la culture, à l’information, au divertissement, etc. Une grande partie de la population, au fait de l’évolution technologique, a donc pris le virage internet et s’est installée sur ce nouveau média qui permettait à la fois d’entreprendre une consultation libre, mais également de participer à la construction de la culture numérique, laquelle s’inscrivant dans une nouvelle optique d’accessibilité, à contrario des médias télévisuel et radiophonique, alors de plus en plus contrôlés par la primauté de rentabilité économique.

Cependant, depuis quelques années, ces grandes pontes financières s’intéressent à l’internet, car sûrement inquiètes de perdre leur contrôle sur l’aspect consumériste des masses, alors détentrices d’une dangereuse liberté. Ils s’attaquent donc à ce nouveau fléau, le web, susceptible par sa diversité et son contenu presque illimité de provoquer chez les potentiels acheteurs une opposition au système si bien huilé par leurs soins, à l’aide d’une ouverture sur une vision du monde non-clientéliste (à laquelle participent les sites d’informations indépendants, ou ceux dédiés aux différentes sous-cultures, …).

Ainsi, le domaine numérique, à l’instar des domaines cinématographique et musical, tend de plus en plus à être regroupé, à grand renfort d’accords financiers (dont le prochain sera sans doute terrible), autour de quelques grandes firmes, contrôlant par leur présence médiatique, leur accessibilité populaire et leur poids financier, la grande majorité des contenus disponibles. Ces entreprises ont, à l’image de toute production commerciale, pour but premier de fédérer le plus de personnes possible, afin d’engranger un maximum de profit. Cela passe par nombre d’accords commerciaux avec d’autres grandes entreprises, et par une uniformisation des contenus disponibles. C’est le cas de Youtube, alias Google.

Cette nouvelle charte, donc, ne traduit pas, à mon humble avis, une quelconque volonté humaniste de la part de Google de défendre la propriété des contenus. Mieux, il se pourrait fort qu’elle soit le fruit d’accords légaux ou non avec les éditeurs, Majors et autres, dans le but, pour ces derniers, d’acquérir un contrôle total sur les modalités de diffusion de leur contenu (et qui ne serait pas, comme DanyCaligula le suggère, que le fruit d’une insuffisance de précision des robots Youtube). En effet, je me permettrais d’émettre l’hypothèse qu’il s’agit d’un moyen efficace de réduire votre influence, néfaste pour les éditeurs (celle-ci étant non-négligeable, du fait de votre popularité auprès notamment de la jeunesse, population globalement soumise à une construction identitaire, à laquelle vous êtes susceptible de participer). Car, si l’on se penche de manière sérieuse sur la ligne directrice, sur les enjeux de vos productions, concernées par la nouvelle politique de droits d’auteurs, on peut facilement y déceler de nombreux aspects en contradiction avec le désir d’uniformisation, de massification des grands producteurs, et de Youtube.

  1. Comme dit plus haut, on peut y trouver pléthore de modes de pensée se détachant partiellement ou totalement du domaine dit « mainstream ». Ces chroniqueurs ont pour but de pousser leurs spectateurs à penser, à engager une réflexion sur divers sujets, incluant celui de la relation ambivalente que l’on peut avoir avec l’outil numérique comme symbole de liberté ou de contrôle. Je pourrais notamment citer parmi vous Minute Papillon, alias Kriss de LanguedePub, qui, par le biais de ses vidéos humoristiques, initie au débat, et se détache ainsi de l’unique aspect divertissant du podcast vidéo, habituellement porté par de hautes réflexions comme « c’est-quand-meme-dur-de-se-branler-quand-on-a-des-coloc’s » ; DanyCaligula, qui remet au goût du jour la philosophie, domaine aujourd’hui cantonné aux stéréotypes foireux véhiculés par d’anciens élèves de terminale en crise d’adolescence tardive (ce qui n’exclut pas les journalistes) ; ou encore à Esthet’Geek, qui établie une relation entre les arts plastiques et le jeu vidéo, ne limitant pas ce dernier à la triade commerciale « ballon-voiture-armes ».
  2. Les objets de culture que vous traitez dans vos productions se démarquent également de la pensée commerciale de nombreux éditeurs, qui veulent surtout profiter de la visibilité des chroniqueurs pour vendre leurs films, musiques, jeux vidéos, ou prêts CIC. Or, on peut trouver, chez nombre des podcasteurs les plus connus, un contenu diversifié, et surtout non-soumis à cet aspect lucratif tant recherché : on peut le voir dans les vidéos du Joueur Du Grenier, qui traitent de jeux vidéos ou de séries rivalisant avec l’âge de Liliane Bettencourt, et pour la plupart non-soumis à une éventuelle publicité (puisque dans la plupart des cas non-disponibles, et non-vantées) ; ou du Fossoyeur de Films, qui traite la plupart du temps des classiques du cinéma de genre, qui, hors science-fiction, ne fait plus tellement vendre de nos jours.
  3. Le dernier aspect, et sûrement le plus important, est votre liberté d’action et de jugement. En effet, n’étant pas soumis à une pression, à un cahier des charges, vous pouvez, à juste titre, vous permettre d’émettre une opinion favorable, et surtout défavorable, sur les objets culturels que vous exploitez. Ainsi, vous êtes libre  d’exprimer un avis critique sur tel film, telle musique, etc, au dépend d’un éditeur qui verra en celui-ci une mauvaise publicité pour son commerce, du fait, encore une fois, de votre popularité. Je pense à Benzaie et ses critiques de films, de jeux vidéos ; ou encore aux diverses critiques culturelles, plus ou moins contestables, présentes sur le site (Le Petit Cinéphile, La Chronique du Vengeur, …)

Qui plus est, prétendre à la défense des droits de propriété intellectuelle et artistique est une manière assez efficace, pour Youtube, de détourner allègrement toutes les allégations de censure, ou de contrôle abusif des flux, puisque ces mêmes droits relèvent aujourd’hui du ressort du bon sens. Il est d’ailleurs amusant de voir que vous êtes accusés d’enfreindre ces règles, quand des sociétés comme Tumblr ou Facebook y sont autorisées. A leur instar, je ne saurais que vous conseiller de mentionner dans un quelconque règlement votre droit de passer outre ces vieux dictats de bobos. La preuve étant que cela marche.

En résumé, cette nouvelle politique ne serait-elle pas un moyen de limiter votre liberté, votre indépendance, afin de ne permettre votre existence sur Youtube que dans un cadre publicitaire, comme c’est aujourd’hui le cas pour de nombreux chroniqueurs de jeu vidéo (les concernés étant priés de sortir de la salle) ? N’est-il pas envisageable que Youtube veuille réduire la présence des podcasteurs populaires à visée critique, afin de ne laisser la place qu’à ceux qui prônent l’unique divertissement, plus vendeur  ? Ou à ceux qui font leurs critiques dans un unique but promotionnel ? Pour moi, cela ne paraît pas si impensable que ça. Après tout, la gratuité d’accès à la culture est aujourd’hui un obstacle à de nombreuses personnes, à de nombreux éditeurs culturels qui voient en cette accessibilité un manque financier à gagner.

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… au Père Noël !

Attention ! Certains propos satyriques peuvent choquer. De plus, les avis et opinions exprimés dans l’article n’engagent que leur auteur. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à consulter la F.A.Q.

Sonnez hautbois. Résonnez musettes. Sauf si vous êtes actuellement enfermé(e) dans une cave par un délicieux quadragénaire un tantinet schizophrène, sans contact aucun avec le monde extérieur, vous aurez sûrement remarqué que sapins, guirlandes et autres installations lumineuses (voire épileptiques) ont depuis peu envahi nos charmants paysages urbains et ruraux. Si vous pensiez qu’il s’agissait d’une œuvre d’art, une installation iconoclaste de votre sculpteur préféré, l’ukrainien Olegs Skarainis, vous vous êtes plantés, et vous avez qui plus est un sérieux problème d’adaptation à la société… Non, enfin ! L’anniversaire de la naissance de Jésus, notre Christ sauveur approche à grands pas ! La fête de Noël !

Si, comme chaque année, chacun sait que la célébration religieuse, et donc à priori socialement ciblée, se transformera en célébration commerciale des plus efficaces, ne comptez pas sur moi pour dénigrer l’esprit et la magie que cette fête procure à la plupart d’entre nous. (Enquête Exclusive le fait bien mieux.) Non, la période de Noël, c’est avant tout le bonheur, la joie, le sourire sur le visage d’un enfant, qui, forcé de piailler pour que papa et maman lui offre une pomme d’amour à la fête foraine locale, s’émerveille devant les douces lumières de la ville. Ce sont aussi les bêtisiers hilarants et revigorants, présentés par des sous-animatrices de chaînes de télévision en mal d’audience, les compilations de chansons aux paroles transcendantes, et les cadeaux pour le moins déconcertants de tata Véro’, que la lecture de 50 Shades of Grey a visiblement transformé.

Alors, dans cette bonne humeur ambiante, dans cette festivité entraînante, et à l’heure du « Web 2.ta gueule », je ne peux résister à l’envie de me sentir concerné, jusque dans mes écrits. Aussi, je vais me permettre, puisque je suis encore libre de faire ce qui me chante, d’utiliser mon antre scripturale pour réclamer ma part du gâteau : moi aussi, cette année, je vais écrire à Jean-Jacques Kospopulov, aka le Père Noël.

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Cher Père Noël,

Tout d’abord, permets-moi de m’excuser pour la lettre que je t’ai envoyé l’année dernière. Sache que j’avais et n’ai rien contre ta mère, j’étais juste vraiment à cran. Je t’écris avant tout pour te dire que cette année, j’ai été très sage. En bon catholique, j’ai participé à la manifestation contre le mariage pour tous, au nom de la valeur familiale, que je sais si chère à tes yeux. J’ai exprimé sur Facebook mon soutien au bijoutier de Nice, ce pauvre commerçant forcé de tirer dans le dos de son agresseur, en pleine rue. Et surtout, j’ai arrêté de voter pour Yannick Noah au profit de Dany Boon au sondage JDD de la personnalité préférée des français, car bon, le métissage ne représente pas vraiment notre belle patrie des Lumières.

Comme le veut la tradition, je te rédige cette lettre afin de te transmettre la liste de cadeaux que je désirerais trouver, emballés avec soin et amour, au pied de mon arbre de Noël, en cette fin d’année. Aussi, à côté de ma petite crèche, de Jésus, Marie, Joseph, de l’âne et du cheval (Findus oblige), mon rêve serait de découvrir :

Un an d’abonnement à Minute

J’aime l’information, l’actualité, et surtout sa neutralité sans égale. Étant donc un aficionado d’une presse sans manipulation ni dé-subjectivisation apparente, j’aurais pu vous demander, cher Père Noël, un abonnement au Figaro, ou encore à l’Humanité. Mais ces deux quotidiens ne relevaient pas du même acabit que Minute, journal théoriquement affilié au mouvement d’extrême-droite, et accessoirement partisan du concept de racolage. Véritable torchon sans doute financé par un « quelconque » parti politique, le périodique demeure hilarant par sa ligne directrice qu’il partage avec les machisme et féminisme réactionnaires : faire de cas isolés une tendance globale (comme dans ce bel exemple/amalgame : tireur fou = arabe)

Non-content de ne s’appuyer que sur un argumentaire déplorable, les « journalistes » de Minute utilisent également une technique des plus originales : le racolage, instrumentalisant le langage, les titres d’articles afin de choquer, et donc de faire parler d’eux, pour ainsi mieux vendre. On notera que la méthode est la même dans la plupart des programmes de téléréalité, mais je ne permettrais pas d’établir une corrélation sur le manque de fond apparent des deux supports. Ça, jamais. D’ailleurs, cher Papa Noël, si vous avez consulté un média un minimum sérieux ces derniers temps (le magazine Lui n’en est pas un, petit galopin) , vous avez pu en voir une illustration par la polémique autour de l’article concernant Christiane Taubira, où la rédaction associe un cliché raciste avec un pseudo-argumentaire anecdotique (la mode du racisme anti-blanc à l’œuvre) pour un résultat que certains qualifient de « journalisme ».

Non, moi, si je souhaite cet abonnement au périodique, ce n’est pas pour le sérieux, le professionnalisme dont font preuve les rédacteurs de Minute. C’est avant tout pour un plaisir de lire équivalent à celui d’une blague Carambar, pour m’esclaffer gaiement avec des gens noirs, d’origine maghrébine ou asiatiques, victimes de stigmatisation au quotidien, pour apprendre à maîtriser un langage racial digne des années 1950, et pouvoir l’utiliser de la même manière que l’équipe du magazine, clamant un humour noir pourtant totalement absent des contenus encore une fois « journalistiques »

Ou bien : « Prendre le pouvoir par la stigmatisation en 10 leçons », Adolf Hitler, 1938, Éditions Flammarion (ndla : mille excuses pour ce point Godwin, j’ai des contrats publicitaires à respecter)

Le DVD Collector de « 1789, Les Amants de la Bastille »

Les comédies musicales ont le vent en poupe. Après avoir souillé l’Histoire avec les spectacles du Roi Soleil et de Cléopâtre, Kamel Ouali (ou Dove Attia, au choix) a récidivé, portant un coup fatal au bon goût avec « 1789, Les Amants de la Bastille ». Contrairement à la volonté de tout esprit logique, la tournée du bousin cartonne aux quatre coins de l’hexagone, et ce malgré un scénario que l’on pourrait résumer ainsi : Michel et Josiane s’aiment, mais ne peuvent pas s’aimer parce que c’est le boxon à Paris (si déjà, cela vous rappelle quelque chose, nous nous sommes com-pris). En effet, le peuple en a un peu ras le citron d’être dirigé par des dragqueens qui s’engraissent au caviar, alors qu’eux sont obligés de manger des bébés, ou même pire, des choux de Bruxelles. La révolution éclate, Michel et Josiane chantent à la Bastille. En gros. Le tout sur un fond d’électro-pop pas originale pour un sou.

Alors, me demanderas-tu dans ton immense curiosité, pourquoi souhaiterais-je posséder un DVD de ce spectacle ? Et bien, il y a quelques semaines, un évènement majeur s’est produit : l’un des acteurs a été victime d’un incident pyrotechnique et y a perdu la vie. Loin d’en faire l’apologie, cet accident m’a fait penser à un mythe biblique très connu, celui des cités de Sodome et Gomorrhe : Dieu, apprenant que les deux villes, voisines de la Mer Morte, témoignaient d’agissements peu chrétiens, comme le doigt d’honneur, les orgies universitaires et les courses de Monster Truck, décida d’y envoyer ses gros bras pour avertir les malandrins que si ils continuaient sur cette voie, ils leur arriveraient sûrement des bricoles. Les habitants frivoles n’écoutèrent pas les avertissements, et finirent quelques jours plus tard dans un mauvais remake de La Guerre des Mondes (un peu à l’image de Tom Cruise).

Or l’équipe du spectacle a décidé, malgré tout, de continuer celui-ci malgré l’incident. Prévoyant le pire, je me dois, en cas de malheur, de posséder un souvenir, de garder une trace de cette magnifique comédie musicale, dépassant par la qualité des plus célèbres canons du genre.

Ou bien : Un billet pour le spectacle d’Éric Antoine.

La compilation des « Top Commentaires » de Jeuxvideo.com

Papa Noël, moi qui navigue beaucoup sur le Web 2.0, comme disent les jeunes et les journalistes high-tech-hype-branchés-nazes, parfois, j’en ai marre. Marre de tous ces articles à la con, écrits par des putains de bobos qui prétendent avoir quelque chose à dire, un avis à donner, et qui en plus ont l’audace, que dis-je, l’arrogance d’écrire dans un français correct, voire soutenu. Marre de lire des commentaires pédants, argumentés, et sans réel impact sur mon affect. Alors, sous mon sapin virtuel, cette année, je souhaiterais que tu m’offres du vrai, du franc : un condensé des meilleurs commentaires du site Jeuxvideo.com.

Les meilleurs expressions des hommes, des f… Des hommes, donc, qui osent mouiller le maillot, montrer la beauté de l’avis spontané, et surtout sans fond. Je veux pouvoir me délecter des réactions inutiles des mâles échauffés n’ayant visiblement jamais assisté à un cours de langue française, comme Spartane59, qui clame tel Cicéron devant le Sénat : « chaqu’un c’est goût », ou Olol, pris d’un élan qualifiable de « Rabelaisque » : « UN TURBO LOL C NUL PUT1 MOI JE VIEN PR VOIR 3615 USUL PA 3615DORIAN LOL ». Emmitouflé sous ma chaude couette Babar, je rêve d’assister à un crypto-débat flamboyant sur la supériorité de telle ou telle console, mené par d’éminents philosophes pour qui le mot « ouverture » n’a de sens que pour une porte ; ou sur la nécessité de guerres, d’explosions et d’effusions de sang pour la réussite d’un jeu vidéo. Je veux contempler la grâce manifeste des commentateurs qui auront toujours raison, et ce avec l’unique aide d’un mot, accompagné d’un smiley à l’esthétique contestable (« Osef :/ », « PC > All 😀 », …). Enfin, je souhaite m’imprégner de cette déferlante de haine primaire et généralisée, proférée envers des professionnels du milieu par une communauté d’amateurs pubères en mal d’amour, qui ne trouve de refuge que dans les seins de Lara Croft l’expression directe de leur mal social (je reste aimable, enfin, sociologue), à savoir l’insulte.

Ou bien : La compilation des barbarismes linguistiques des associations féministes (illes sont marrant(e)s.)

La compilation des bloopers des films sur l’holocauste

Le blooper, sorte de condensé des meilleurs bêtisiers d’une fiction, est aujourd’hui très en vogue. Frais, et un tantinet plus drôle que les vidéos du jeune Kévin que se prend le pied de la balançoire dans les parties génitales, il rend compte de la franche camaraderie qui peut régner sur les divers tournages. Seulement, cher Papa Noël, je ne peux m’empêcher de le trouver cantonné à un certain type de fiction : celle qui a pour vocation principale de faire rire. On peut ainsi voir en majorité des bloopers de comédies romantiques, familiales ou de sitcoms humoristiques américaines, comme How I Met Your Mother, Community ou Grey’s Anatomy. Quel dommage !

Aussi, pour faire plaisir au petit boute-en-train que je suis, je proposerais aux studios de cinéma de créer pour les fêtes une nouvelle collection de bloopers, centrée sur les films traitant de la Shoah. En effet, après une journée passée à se faire rouspéter, voire lyncher par son patron pour un nombre apparemment suspect de photocopies à son actif (destinées à retrouver votre sale clébard, en fait renversé par un 4×4 Nissan), quoi de mieux pour ne pas déprimer que de voir Liam Neeson pleurer de rire après avoir confondu les mots « jew » (juif) et « jam » (confiture) dans La Liste de Schindler (1992) ? Si votre copain rompt avec vous, pour partir s’accoquiner avec votre (ancienne) bestah’,  quel meilleur remède que Roberto Benigni faisant le pitre dans l’enceinte du camp de concentration reconstitué pour La Vie Est Belle (1997) ? Enfin, ne serait-il pas cocasse de se fendre la poire devant une Kate Winslet incapable d’arrêter son fou rire dans la scène du procès de The Reader (2008), pour oublier le fait d’avoir été licencié(e) sans indemnisation ? Une chose est sûre, en ces temps de crise, le rire est certainement la meilleur manière de se sortir de la morosité quotidienne !

Ou bien : Un scrapbook du massacre syrien, dédicacé par Bachar El-Assad.

Un tatouage « I Love Kev Adams » sur le bras

Cher Jean-Jacques, lorsque l’on jouit d’une beauté et d’une célébrité sans égale (même à cause d’une vidéo où l’on fait l’hélicoptère avec sa bistouquette), il est fort compliqué de gérer ses relations sociales. En effet, nombre de personnes s’amassent autour de vous, vous demandent un autographe, et souhaitent vous arracher les vêtements pour découvrir ce qui s’y trouve derrière (des mycoses, vous êtes prévenus). Après avoir expérimenté toutes sortes de techniques pour me débarrasser de ces nuisibles, notamment la fuite, le déguisement ou l’insecticide (mon avocat m’interdit d’en dire plus), je pense aujourd’hui avoir trouver un moyen efficace d’assurer ma tranquillité en ces fêtes de fin d’année : me faire tatouer « I Love Kev Adams » sur le bras.

En effet, véritable repoussoir à être humain de bon goût, cette inscription sur le bras serait pour moi une solution indispensable pour retrouver une certaine sérénité dans la solitude. Telle une fusion maléfique entre la Marque des Ténèbres et le Basilic, il suffirait de l’exposer pour effrayer et pétrifier mes assaillants, alors incapables de se remettre de cette terrible révélation. Possiblement, j’aimerais, pour assurer une efficacité optimale, le compléter à l’aide d’une citation de son sketch sur les chaussettes, ou d’une invitation au cinéma pour aller voir le film dont il partage l’affiche avec feu (je parle d’âme) Franck Dubosc.

De plus, n’étant pas efficace sur la totalité des possibles fans de la vidéo, il nécessiterait d’être associé à un 44 Magnum afin de mettre hors d’état de nuire les dernières minettes de 14 ans qui s’obstineraient à s’agripper à moi, et ce malgré l’avertissement. Ou plutôt à une corde, un bon bâillon et une cave suffisamment insonorisée (je suis un entrepreneur).

Ou bien : des tongs rose fluo et un Marcel pourvu d’une inscription « Apéroman ».

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Cher Père Noël, je finis cette lettre dans l’espoir insouciant que tu répondes à mes désirs, auquel cas tu ferais de moi le plus heureux des petits enfants. Tu verrais les étoiles briller dans mes yeux, provoquant une coulée de fines larmes de bonheur ; et mes lèvres esquisser un sourire bientôt radieux et sans précédent.

Ah, et accessoirement, tu me convaincrais peut-être de repousser à l’année prochaine l’envoi de tueurs à gages à ton domicile. Ouais, je sais c’que t’as fait à ma femme.

… aux pseudos-indignés de la crise Syrienne

Attention ! Les avis et opinions exprimés dans l’article n’engagent que leur auteur. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à consulter la F.A.Q.

Il y a, d’un bout à l’autre de notre société occidentale, des êtres des plus fabuleux. Parmi cette ribambelle de créatures majestueuses se trouve une communauté de trous du culs-puissance mille, qui feront le sujet de mon article hebdomadaire. Ces gens, je les nomme ainsi les pseudos-indignés médiatiques.

On les voit partout. A la télévision d’abord, mais également sur les ondes, au sein du monde politique ou encore sur Internet, comme sur le blog où vous traînez actuellement, alors que vous devriez plutôt faire quelque chose d’utile, comme votre travail, ou bien votre devoir conjugal, et ce malgré l’herpès assez invasif dont vous souffrez depuis quelques mois maintenant. Ils se reconnaissent facilement : usant souvent d’un ton imposant, capable de convaincre Christine Boutin de copuler avec son frère (que celui qui a dit que c’était déjà fait se dénonce), ils s’offusquent brutalement contre de terribles injustices, à grand renfort de gestes désabusés et de gracieux postillons, quitte à taper du pénis, ou du sein sur la table pour se faire entendre. Néanmoins, et fort étrangement, quand on leur reparle de leur réquisitoire tonitruant quelques jours plus tard, ils semblent l’avoir oublié, s’indignant déjà pour une nouvelle cause, plus ou moins noble.

Aussi, faites-moi plaisir. La prochaine fois que vous verrez ou entendrez un de ces adeptes de la grande gueule-mode, attrapez-le par le bras gauche, pétez-lui les deux genoux, puis enfermez-le dans le coffre de votre 206. Puis, après l’avoir ligoté dans votre cave, sommez-le de vous répéter un par un les discours qu’il a scandé dans leur intégralité. Un bain d’acide annexe vous permettra éventuellement de corriger le malotru en cas de refus ou de réponse erronée, et même, qui sait, de lui faire fermer sa boîte à camembert une bonne fois pour toutes.

Cependant, évitez tout de même de me prendre pour cible. Après tout, même si je suis en beaucoup de points casse-couilles, je donne chaque année à la Croix Rouge, eh.

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Cette lettre, écrite à la plume de dindon, s’adresse à vous, responsables politiques, membres d’associations gouvernementales, ou de l’Organisation des Nations Unies. A vous, journalistes, députés, « à compléter »-logues ou simples citoyens. A vous, qui, il y a quelques mois, fustigiez de votre plus belle voix sur l’horreur de la guerre civile syrienne, devant les caméras ou micros des médias les plus influents. A vous, vils pelos, sombres créatures issues d’une fusion entre Soan et un poisson rouge, (ou Liliane Bettencourt, au choix) qui semblez témoigner d’une capacité d’oubli tout bonnement stupéfiante. Je vous écris en ce jour pour vous rappeler l’existence d’un génocide qui dure maintenant depuis plus de deux ans, et dont avez donné l’impression de vous y intéresser l’espace d’un instant, entre le fromage et le dessert, comme l’entonnait un certain Cali, chanteur avec qui vous partagez d’ailleurs le fait d’être une irrécupérable tête à claque. Si aujourd’hui, ma principale intention est de vous faire part des quelques petites choses qui me chiffonnent dans votre vision du « dossier Syrien » (CSI Damas, concept breveté), laissez-moi vous parler d’autres petites choses qui elles, me turlupinent seulement.

En France, ces derniers mois, parmi le florilège d’actualités quotidiennes, vous avez pu remarquez que nombres d’entre elles furent des plus intéressantes. Nécessaires, même. Je pense au débat naissant sur l’autorisation du port d’arme, initié par la France qui en a marre de ne plus se sentir en sécurité chez elle, exaspérée par tous ces bougnoules, arabes et autres roms qui volent des bijoux la criminalité grandissante ; aux discours tonitruants de Jean-Luc Mélenchon, le Robespierre des temps modernes, bientôt mis en examen pour dissimulation de ses origines marseillaises; ou encore à Nathalie Kosciusko-Morizet, qui, pour prouver sa détermination à sauver notre sainte capitale, s’est aventurée dans la jungle terrifiante du métro parisien, en ressortant grandie, et curieusement non-sodomite (on fait de sacrées expériences à la station Denfert-Rocheteau.)

Ainsi, comblés, que dis-je, gavés par ce qui relève plus de la « poésie » éphémère que de l’information, les médias et ceux qui les consultent en oublieraient presque, étonnamment, de voir plus loin le bout de leur nez. En quête perpétuelle de la nouveauté, de la « news » com’qu’on dit là-bas, le monde de l’information semble prompt à laisser de côté tout ce qui n’est pas du ressort de l’actualité. Et la guerre civile Syrienne est la victime actuelle de ce procédé qui, bien que compréhensible dans le fonctionnement actuel du monde médiatique, révèle une tendance assez malsaine. Du moins pour ma part.

Pour bien comprendre, il faudrait vous rappeler, même si j’espère que vous l’avez compris, que la situation de l’État syrien est assez chaotique. En effet, celui-ci était, depuis 1970, sous la houlette d’une gentille famille du nom de Barbassad. Les époux, Barhafez et Barbanisa, coulaient des jours heureux, sirotant thé au ginseng, à la camomille, dégustant de succulentes mignardises et ne ratant aucun épisode de Chapeau Melon et Bottes de Cuir, pendant que Monsieur dirigeait le pays avec douceur et tendresse. Il savait procurer à sa population un bonheur durable, usant de techniques kikounoutes comme la lapidation à mort, la torture ou la discographie d’Evanescence pour convaincre habilement ses vils ennemis de renoncer à leur sotte quête de démocratie. Des faits d’ailleurs connus des peuples occidentaux, qui n’eurent malheureusement pas le temps de s’en occuper, parce que bon, ils avaient piscine, et  ‘pis après catéchisme. Le couple engendra nombre de petits chérubins : Barbabassel, inspiration assumée de Paul Walker pour sa petite virée en auto dimanche dernier ; Barbamasser, .., ou encore Barbabachar.  D’ailleurs, ce dernier prit, en 2000, la succession de son père, tout juste décédé, de manière républicaine et démocratique, comme il est coutume de faire à notre époque. En bon fils, Barbabachar continue l’œuvre de son pôpa, sachant avec talent serrer les boulons quand la situation le demandait. Malgré tout, on a pu voir s’esquisser une légère ouverture économique à l’international, mais rien de bien méchant, oh. C’est en 2011 que ça se gâte, avec le Printemps Arabe, qui voit les tunisiens et égyptiens, visiblement insatisfaits (ingrats.), renverser tour à tour leurs pouvoirs en place, afin d’y construire en lieu et place de ces derniers des États démocratiques. Très vite, c’est la contagion, et le peuple syrien se met bizarrement très vite à préférer le droit de vote aux coups de martinet. Éclate alors une guerre civile entre un gouvernement autoritaire et une rébellion naissante, guerre qui dure encore aujourd’hui, et dont le bilan s’élève actuellement à 126.000 morts. Voilà voilà !.. Avec votre café, un ou deux sucres ?

Si la révolte populaire a débuté en mars 2011, c’est bien cet été qu’on a pu réellement voir l’ONU se sortir la tête du postérieur. En effet, à la machine à café, ce matin du 21 août 2013, Bernard racontait avec joie à ses collègues ambassadeurs les superbes vacances qu’ils avaient passé avec toute sa petite famille dans le Lot-et-Garonne, vantant ses talents de kayakiste hors-pair, en se souciant bien de rappeler toutes les deux phrases à quel point son petit Enzo était trognon quand il vomissait sur sa sœur. A la grande joie de ses interlocuteurs, se foutant éperdument de toutes ses conneries, LA nouvelle survint juste avant qu’il leur propose une soirée « photos de vacances » : Bachar el-Assad aurait eu recours au gaz toxique pour éliminer conjointement rebelles et civils. Face à cette nouvelle, Bernard ne comprît cependant pas pourquoi ses collègues affichaient alors une mine réjouie.

Soudain, les esprits s’échauffèrent. Et pour cause : à l’ONU, on n’aime pas vraiment le fait qu’un dictateur lynche son peuple, surtout lorsque ce n’est pas à la manière du comte de Monte-Cristo. En utilisant des jetées bien placées de gaz en pleine margoulette, le gouvernement Syrien avait franchi la ligne rouge, celle-là même qui les a convaincu de faire autre chose de leurs journées que de jouer au rami voleur. Les poumons se sont gonflés, les poings se sont serrés, l’expression ambiante ressemblait alors fort à celle du jour où vous aviez surpris votre femme en train de jouer à touche-pipi avec mon meilleur ami. En un mot, à l’ONU, comme partout ailleurs, les différents protagonistes n’étaient pas folichon-folichon, et bien déterminés à entreprendre, comme le proférait J.F.Kennedy, une riposte graduée. Mais nous y reviendrons.

Tout d’abord, je me questionne sérieusement sur la signification du concept de ligne rouge, de limite à ne pas franchir ? Au sein de l’alliance internationale, certains génocides seraient-ils mieux que d’autres ? Plus valorisants sur un CV ? Bien entendu, l’intoxication est une manière horrible de tuer quelqu’un. Cependant, pour les instances mondiales, on peut visiblement accepter qu’un dictateur massacre son peuple par balle, à la machette, et même avec des ciseaux Maped, mais par le gaz, ah ça non, même si ça donne une voix rigolote. Mais pour quelle raison ? Le procédé reste-t-il pour elles uniquement affilié à un personnage célèbre de l’Histoire, amateur de schnaps, bretzels et groβe würtze ? Par peur de voir un amas de vieux croulants pester au journal de David Pujadas, parce que, vous savez, ma p’tite dame, dans l’temps on s’chauffait pour pas cher ? Pour résumer, cette ligne rouge ne serait pas le meurtre massif, mais bien la façon de l’entreprendre. Que les dictateurs actuels soient avertis : ils sont invités à commettre un génocide, oui, mais dans le respect des conventions internationales, et du meurtre de bon goût. CV et lettres de motivation à envoyer à l’adresse suivante : genocidelol79@hotmail.fr

Le 21 août dernier donc, quelques uns d’entre vous, chefs d’États membres de l’ONU, dont la France et les États-Unis, se sont lancés dans une croisade en faveur d’une intervention diplomatique face à cette crise. A grands renforts d’arguments implacables, et surtout de « on va voir c’est qui qu’à la plus grosse », ils ont envahit la scène médiatique, occupant une place toujours plus importante dans le cœur de pierre des journalistes, reniflant le scoop comme un chien renifle le derrière de son congénère. Cependant, face aux réticences de la Chine et la Russie, bizarrement plus intéressées par les rentes de la vente d’armes que par le sort de la population syrienne, les quelques gouvernements dits « outrés » par la situation, et en particulier les USA, abandonnent rapidement l’idée d’intervention parce que, tu vois, on est grave crevés, la flemme d’organiser tout ça, et tout, et tout… Seule reste la France, menée par la détermination sans conteste de François Hollande, du moins jusqu’au suivant sondage de popularité. Ce fut d’ailleurs l’occasion pour la classe médiatique française de lancer la première d’une longue série de dérives racoleuses concernant le sujet : Le Parisien, habitué aux Unes telles que « Johnny Hallyday, ce héros », ou encore « Astuce : comment euthanasier son chien à la maison en 10 leçons » titrât par exemple « Hollande seul face au monde boum boum bam bam dans ta faaace », et insistait profondément, à l’image de l’ensemble de la presse, sur la solitude française au sein du débat, s’abaissant ainsi au niveau d’un groupe de collégiens se moquant allègrement du petit Grégoire, un peu enrobé et souvent seul, qu’on a surpris à peine une fois en train de découvrir sa sexualité, accompagné de Caramel, son petit chaton.

Ainsi, plutôt que de se concentrer sur le nœud du problème, vous, pseudo-indignés, déportez très rapidement le débat sur des considérations annexes, voire aussi inutiles que le fut l’ensemble des chroniques de Mouloud Achour au Grand Journal. Dans la bouche des journalistes, les divergences sur la question de l’intervention entre la Russie et les Etats-Unis prennent immédiatement une allure de « Guerre Froide« , et se présentent sous la forme d’une mauvaise comédie romantique américaine, d’un « je t’aime moi non plus » des plus lourdingues. De ce fait, les français, effrayés par un risque évoqué de troisième Guerre Mondiale (si si.), et au final peu concernés par des populations exterminées pas loin du Moyen-Orient, se posent en masse contre une intervention internationale qui aurait probablement pu mettre fin au massacre : après tout, si ‘y s’tapent sur la tronche, c’pas d’not’ faute, ‘pis ‘y z’avaient qu’à être catholiques tiens.

Puis, peu à peu, la situation se tasse. Les responsables politiques, embourbés dans une situation d’immobilité forcée, abandonnent les Syriens à leur sort, se contentant d’un petit papier signé à Genève, puis de bonnes œillères fixées au museau. Très vite, les médias se rendent également compte que montrer, ou raconter l’horreur de la situation sur place n’est plus assez surprenant et attrayant pour une population bien peu concernée par ce qui ne la touche pas directement. Par addition, vous, les pseudo-indignés, troquez le sujet, devenu fort peu intéressant pour votre reconnaissance, contre d’autres réquisitoires bien plus « hype » et tendance, comme les « cafouillages » du gouvernement, deux affaires de bijoutiers braqués ou des vidéos du type « Comment embrasser une fille en trois secondes ? ». La presque totalité de la population occidentale se rend ainsi compte qu’elle s’en battait les steaks, et ce depuis le début. Il reste bien quelques irréductibles, journalistes et politiques, qui tentent de ramener le sujet sur la table des négociations, mais bon, ça ne semble plus être aussi cool que Roselyne Bachelot en caméo dans Nos Chers Voisins.

Pour conclure, on peut voir que toute la débâcle déclenchée dans les démocraties occidentales n’aura été que du vent : deux ans après le début de la guerre civile, et presque six mois après l’entrée en scène des démocraties occidentales, la situation reste la même, et tend même à empirer. Dans cette optique, je vous avouerais avoir eu beaucoup de mal à comprendre cet interminable jeu de girouette diplomatique, cette oscillation perpétuelle entre les discours tonitruants de chefs d’États, députés, ou d’anal-ystes en tout genre, apparemment atterrés par la violence de la crise Syrienne, et l’actuel silence radio sur la situation.

Aussi, aux journalistes, je conseillerais fortement de jouer de temps en temps leur rôle, celui d’informer, plutôt que de ne parler que de ce que le public veut entendre, à savoir de sondages et de faits divers. Aux décideurs internationaux, je leur demanderai si, malgré le fait que le blocage de la Russie et le Chine sur la question fut réel, et prévisible, il n’aurait pas mieux valu attendre, ou prendre des pincettes avant de se déclarer déterminés à intervenir ? Plutôt que de jouer au « P’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non », n’aurait-il pas fallu se concerter entre nations, afin de présenter clairement votre position  ? De choisir si l’Organisation des Nations Unies se devait d’être concernée par le conflit, et par conséquent être prête à y intervenir, ou bien totalement extérieure à celui-ci, incapable d’y apporter une solution, faute de cohésion en son sein ? Auquel cas, il aurait peut-être mieux valu fermer sa gueule, plutôt que de se faire ambassadeur de la liberté et de la démocratie. Surtout lorsqu’on sait qu’à l’ONU, ce qui compte avant tout, c’est la cohésion entre les pays du G8.

… à Katy Perry

Attention ! Les avis et opinions exprimés dans l’article n’engagent que leur auteur. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à consulter la F.A.Q.

Par une charmante journée automnale, je me baladais au travers des somptueuses rues pavées de Noirmoutier, lorsque j’aperçus un kiosque à journaux très coquet. Je m’avançai au pas de course, et, après avoir rapidement salué l’humble commerçant, moustachu, comme le veut la tradition, je me jetai sur les revues tel un manager en rut sur sa secrétaire de direction. Exit Beaux-Arts Magazine, Courrier International et tous ces magazines de bobos défoncés 24h/24 à la coke, ne cherchant par la culture et la connaissance qu’à combler leur vie sexuelle de précoce attardé. Ni une, ni deux, j’agrippai Fan2 Magazine, l’arrachant au nez et à la barbe d’une adolescente, en profitant pour lui coller 12 volts dans le crâne, à l’aide de mon taser planté dans son appareil dentaire. Il ne me restait plus qu’à menacer le marchand de le dénoncer aux services de l’immigration pour emporter gratuitement ce précieux sésame et commencer ma journée sous les meilleurs hospices.

Naviguant insouciamment entre les pages de ce fabuleux torchon magazine, je tombai, entre les « articles » érogènes sur les One Direction ou les nouvelles séries de CW, sur une publicité ayant pour objet le prochain album de Lady Katy Perry, déjà mondialement recherchée par Interpol pour génocide auditif et crime contre le bon goût musical, entre autres. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir ce que ses gugus du service marketing lui avaient pondu pour écouler du Compact Disc à la pelle. _______________________________________________________________________

Aujourd’hui, Katy (on peut s’appeler par nos prénoms, pas de chichis entre nous), nous ne parlerons point de musique. Non, je ne me permettrais pas, en cette heure, de lâcher un mot sur tes titres dignes d’une sous-Madonna dans ses pires années, de surcroît défoncée au crack et se trémoussant laborieusement avec des jeunes « branchés », qui arborent un casque Beat et des Vans si si la famille (Madonna quoi). Pas un mot sur tes mélodies au synthétiseur qui auraient provoqué une crise cardiaque à feu Raymond Scott, sur ta soupe à quatre accords et-c’est-plié-vas-y-que-j’empoche-des-millions-avec-mes-obus. Vraiment, motus et bouche cousue sur les paroles de Last Friday Night, qui, prises au mot, vantent les joies de la beuverie et de la débauche sexuelle à des gamines de 10-11 ans, persuadées d’être en face d’une jeune et jolie femme ayant tout réussi da…

Où en étais-je ? Ah, oui. En ce jour, et contrairement à la semaine dernière, je ne ferai que peu d’allusions au domaine culturel, puisque que je vais te parler de publicité – je sais que certains ont tendance à confondre les deux choses, mais je ne me risquerais pas à cette folie, si j’étais toi, mon Uzi étant toujours à portée de plume – ou plutôt de la façon dont tu engages ta campagne promotionnelle autour de ton dernier album.

Mais tout d’abord, si tu veux bien, je vais faire un petit résumé de ta carrière musicale (vous devinez mes sources), pour les gens qui me lisent, et plus précisément pour ceux qui vivraient sans télévision et sans Voici.fr, liraient encore des livres autres que Marc Lévy, et pis, tant qu’on y est, se marieraient avec des vaches, des loutres ou pourquoi pas, des cochons d’Inde ?!… Ce dernier voyage au Japon m’a éprouvé… Mais je m’égare.

Comme beaucoup le savent, tu es née d’un couple de pasteurs évangélistes – touche pas à mon christ – d’origines anglaises, irlandaises, allemandes et portugaises, bien que de ces deux dernières tu ne sembles avoir gardé ni les bretelles, ni la pilosité apparente. Élevée dans le pur respect des traditions chrétiennes, loin des maladies telle que l’homosexualité, tu as très vite commencé à jouer de la musique et à chanter, notamment des chants religieux, comme le gospel, la country, et, je l’espère, le chant régional auvergnat, qui, comme chacun le sait, fut la musique que Gabriel entonna avant de prévenir Sainte Marie de sa subite grossesse, pour laquelle on peut remercier son voisin Maurice les Cieux. Après le flop de ton premier album de gospel en 2001, sorti sous le nom de Katy Hudson, c’est en 2008 qui tu exploses vraiment avec One Of The Boys et le single I Kissed A Girl. Il faut admettre qu’à cette époque, tu souffles un vent frais et nouveau sur une musique populaire s’essoufflant progressivement, laissant, à l’image des jambes de Madonna, comme dit plus haut, la cellulite et le copier-coller s’installer et pulluler. Les paroles de ton premier single sont même on ne peut plus d’actualité et militent, dans une certaine mesure, pour les droits de la communauté homosexuelle dans le monde occidental. La politisation de la musique pop contemporaine, même limitée, est en effet une chose assez rare pour être soulignée.

Mais voilà, les mois passent, les singles s’enchaînent, et ce premier album, d’abord placé sous le signe de la légère rébellion de la jeunesse face aux codes acariâtres de la société traditionnelle, s’essouffle, troquant le piquant contre le mielleux, le roudoudou et le réglisse, à l’image de Thinking of You, dont tu as tourné le clip avec l’acteur de Kyle XY, Matt Dallas, ce qui peut être soit culotté, soit, en l’occurrence, naze. Ta musique ne présentait alors plus qu’un aspect commercial, cher à de nombreuses Major(s). Ton second album, Teenage Dream, sorti deux ans plus tard, confirme la tendance, et aggrave même la situation, puisque la promotion que tu en fais, à l’image des chansons de l’opus, ne se base alors plus que sur la sexualisation et objectivisation de ta personne. Tes samples restent les mêmes au fil du disque, tes paroles sont aussi savoureuses qu’un clafoutis aux croûtes de mamy Josseline, le tout emballé dans une puanteur sexuelle digne des meilleurs blagues de Michel Cymes.

Nous voici donc en 2013. Déjà élevée au rang de mythe musical par les adolescents et les gens de très mauvais goût, tu viens de sortir, il y a quelques semaines, ton troisième album, Prism, sorte de Super Saiyen du déjà-vu, comme il est coutume de faire aujourd’hui : en somme, une musique faite comme on l’enseigne aux étudiants en commerce international (dédicace à Pierre-Eudes, Constantine, et Aristide, RPZ). Or, qui dit musique commerciale dit promotion marketing outrancière. Et là, c’est le drame. En effet, tu n’échappes pas à cette nouvelle mode commerciale qui consiste en une instrumentalisation des stars à une pseudo-défense des intérêts communs. A l’instar des agents commerciaux de Lady Gaga, qui tentent de faire renaître le concept d’Art (dont la mort dans la musique populaire remonte à déjà quelques décennies), tes fieffés publicitaires ont décidé de te placer en égérie culturelle de la défense de l’environnement. C’est là que, pour moi, ça coince.

Avant de parler de tout cela, et de te bourriner dans le siphon,  laisse-moi dresser un portrait grossier de la campagne publicitaire concernée. Celle-ci peut se présenter sous deux aspects bien distincts :

  • Premièrement, elle se développe au sein de ton travail purement artistique, ou de celui de tes assistants en écriture, qui sait. En effet, dans le premier single de Prism, intitulé Roar , tu joues sur une personnification de la Nature, tiraillée, maltraitée par l’action des êtres humains : « […] You held me down but I got up / Already brushing off the dust / […] », mais toujours prête à se rebeller, à assurer sa préservation « […]You’re gonna hear me roar ! ». Dans le clip associé au morceau, on peut te voir dans la jungle, en compagnie de René le capucin, de Jean-Christophe le croco’ et arborant un très mauvais cosplay de Tarzan,  montrer ton cul à quel point tu aimes les plantes, l’eau, la terre, et les petits animaux tout kikounous. Nous en reparlerons.
  • Ensuite, la promotion se fait dans un domaine plus formel, celui du marketing pur et simple. En effet, pour l’achat de l’édition Deluxe de Prism, chaque consommateur se voit offrir un papier à germer (contenant des graines) sur lequel on peut lire « Plante ce prisme, répands la lumière. Katy ». Trop mignon. Les fans sont sensés contribuer à la protection de l’environnement en plantant ce prisme dans leur jardin, dans une clairière forestière, ou encore au fond de la gorge de Max Boublil, ce qui serait le geste le plus écologique des trois. Mais je spoile.

Alors, Katy, j’imagine que tu te demandes pourquoi je te consacre un article au sujet d’une campagne de promotion qui est sensée avoir, à priori, aussi peu d’impact que le fond d’un discours de Henri Guaino. Et bien, pour moi, cette manière de se promouvoir, quand on s’appelle Katy Perry, soulève deux tout piti’ minis rikikis problèmes, que je vais m’empresser de t’exposer.

En premier lieu, je ne voudrais pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais ne serait-ce pas légèrement du foutage de gueule ? Katy Perry est, avant même d’être une « artiste », une marque, une entreprise. A toi seule, tu génères des émissions de CO2 probablement cent fois supérieures à tout citoyen occidental moyen, du fait des tournées, des productions de disques, de produits dérivés, de la publicité… Ainsi, tu viens défendre une cause à laquelle toi et ton image de marque n’adhérez même pas. A la manière d’un prêtre moralisateur, tu viens demander à tes fans de s’engager dans un combat dont tu sembles te foutre éperdument, du moins par tes actions. La preuve en est, une publicité ayant défilé l’été dernier dans tout Los Angeles, placardée sur un camion ! Un camion, qui je ne sais pas si tu es au courant, génère un niveau monstrueux de pollution, et qui, même du point de vue symbolique, fait tâche. Grosse incohérence donc, mais bizarrement, ça ne choque pas grand monde. C’est vrai qu’il te suffit de faire un joli sourire, d’exhiber ta plastique quinze fois le jour, pour que les mauvaises langues se mettent immédiatement à pendre. Une chance, donc, que mes parents m’aient castré à la machette pour mon troisième anniversaire. (j’étais apparemment trop « câlin » avec Spooky…)

Dans un second temps, cette contradiction, plus que d’entraîner une ridiculisation totale de ta possible intention première, provoque à mon sens un climat assez malsain, notamment envers la jeunesse. Avant de détailler tout cela, et pour te rendre compte de la totale imbécilité de l’ensemble du procédé, je te propose une analyse rapide de ton clip, encore plus en contradiction avec ton prétendu propos que le Grenelle de l’Environnement.

La vidéo s’ouvre sur un joli dessin illustré (comprendre : un filtre photoshop) de la jungle, tout droit sortie des… studios Hollywoodiens. Hé ho, faudrait pas que l’équipe de tournage croise des sauvages non plus. Et pourquoi pas des arabes ? On comprend très vite qu’un avion s’est écrasé à cet endroit, avec à son bord, toi, et un homme, visiblement recruté dans je ne sais quel strip-club californien. D’ailleurs, preuve de sa débauche (il devait être de surcroît communiste, je vois pas d’autre explication), il ne tarde pas à se faire bouffer par un tigre, parce que, le malandrin, il avait jeté une canette dans la nature et pris des photos avec son téléphone Sony. J’en profite d’ailleurs pour signaler que le placement de produit présent dans tout le clip promulgue des objets qui ne sont pas vraiment reconnus pour leurs vertus écologiques. Mais bon, oublie, je n’ai rien dit. Donc, seule dans la jungle, tu commences par paniquer, puis tu te rends compte, sûrement à l’aide d’une illumination divine, que la nature c’est cool, tu vois, et tout et tout. Puis débute une nouvelle vie en adéquation avec l’environnement, où tu rencontres des oiseaux multicolores, un éléphant qui te permet de… te foutre à poil, où tu… prends des photos putute-bouche-en-cul-de-poule-bestah-sistah avec un singe apprivoisé ? Montres à un tigre que tu es la plus forte en l’enfermant et lui criant dessus..? Apprends à un crocodile à se brosser les dents..?! Te maquilles avec de la grenade…?!!

Arrêtons-nous là. Je pense que toi et moi n’avons pas la même vision de l’écologie. Si cette dernière nous montre bien quelque chose, c’est que pour sauver notre écosystème, il nous faudra changer nos habitudes de vie, de consommation, d’expansion, et pas juste de dire qu’on aime tous les animaux, toutes les plantes, pour ensuite venir les asservir encore et encore. Il ne s’agira pas de reprendre la même vie de surconsommation intense, le même schéma d’annihilation des êtres vivants plus faibles. Il faudra réapprendre à évoluer dans le respect d’un environnement nécessaire à notre survie, vivre d’amour et d’eau fraîche, ou bien se laisser pousser les poils, entonner des balades au banjo sur la plage et terminer toutes les phrases par « man », entre autres.

Et surtout, Katy, as-tu seulement conscience que la plupart de tes fans tournent encore au Biactol et à l’émission de Cauet sur NRJ ? As-tu conscience qu’à leur âge, ils sont encore bougrement influencés par tout ce qui les entoure, ce qui implique par les messages que tu leur transmets ? Veux-tu vraiment leur faire croire que le combat écologique se réduit à voir de jolis animaux, à rigoler avec un singe, ou que planter trois graines de pâquerettes permettra d’endiguer la déforestation ? Quand on s’adresse à des jeunes sur un sujet aussi sérieux, quand on essaye de politiser la culture destinée à tout à chacun, quand on connaît l’influence que l’on a, on peut pas se permettre ce genre d’imbécilités. Quitte à s’engager pour une cause, comme tu le fais très bien pour les droits homosexuels, pourquoi ne pas renoncer à cette hyper-sexualisation dont tu fais l’objet, et qui tourne en ridicule ta tentative d’engagement ? Pourquoi ne pas faire un clip sur l’Ile aux Fleurs, concernant les faits réels en Amazonie, ou même sur le tri des déchets, alors qu’il te suffit de péter dans le lard de producteurs que tu sais avides de rentabilité ? Que tu pourrais aisément contrôler du fait de ta notoriété ?

Je terminerai cette lettre par une question : penses-tu, honnêtement, qu’il est possible de lier le combat politique ou social avec la culture populaire, aujourd’hui massivement contrôlée par l’avidité et la recherche du profit ? Je suis d’avis que oui, des collectifs comme Paris-Africa ou les Enfoirés l’ayant déjà fait avec plus ou moins de succès, et surtout de crédibilité (bien que leurs productions musicales soient pour moi contestables). Aussi, je pense que l’on peut réellement utiliser son influence pour servir l’intérêt commun. Encore faut-il que ce ne soit pas comme pour toi, à des fins purement commerciales.

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PS : Vous remarquerez que je cite de plus en plus d’objets commerciaux. Pour répondre à vos éventuelles questions, sachez que oui, je suis payé pour faire du placement de produit, que oui, s’acheter une nouvelle BMW est un besoin, et enfin que oui, quand je lèche mes timbres, je suis très sensuel ! ET – ALORS ?!!

… à Marine Le Pen

Attention ! Les avis et opinions exprimés dans l’article n’engagent que leur auteur. Pour plus de renseignements, n’hésitez pas à consulter la F.A.Q.

Marine, je vais être franc avec toi. Si je t’ai choisi pour être la destinataire de cette première lettre, ce n’est pas sans raison. Je dois bien avouer que tu es mon attraction du moment, mon petit plaisir et ma grande peur secrète. Je l’avoue, j’aime te haïr, et cette haine, je te l’exprime aujourd’hui. Big Up Marine, c’est pour toi :

Au commencement, tu ne disposais pourtant pas de toutes les cartes pour arriver là où tu es actuellement. Fille de Jean-Marie Le Pen, négationniste, raciste, antisémite, homophobe, et j’en passe, il ne faisait pas bon vivre dans une telle famille au temps du souvenir de la Seconde Guerre Mondiale. Pourtant, tu as su te démarquer de cette image familiale. Pas par les idées bien sûr, mais par une intelligence sans conteste. Tu as fait de grandes études de droit, tu as milité dans les plus beaux mouvements étudiants, dont l’héritage se fait encore sentir aujourd’hui. Devenue avocate, tu as dû renier tes convictions pour défendre des arabes immigrés sans-papiers. Puis, un beau jour, papa commençant à sentir l’urine (politiquement bien sûr) et les vieux interviewés dans les JT de Jean-Pierre Pernault, tu savais qu’il était temps pour toi, comme il fut à l’époque pour ce bon Louis XIV, de reprendre l’affaire familiale. Au départ reniée par les grandes pontes d’extrême droite, tu t’imposes assez vite lorsque ceux-ci voient que ta stratégie de « dédiabolisation » (nous en reparlerons) fonctionne.

Pourtant, rien n’a vraiment changé tout au long de ses années. Ton parti, à l’image de l’extrême droite,  n’a jamais changé la manière dont il attirait les électeurs. Toujours les même thèmes au cœur d’un débat sans fondement aucun. L’immigration. Cette veine question, qui vous anime depuis la fin de la guerre d’Algérie, comme un mauvais gimmick de sitcom américaine. Non, rien n’a évolué, toi et tes larbins profitez toujours de la peur naturelle de l’étranger pour amasser les foules à vos débats pro-nationalisme, ou plutôt pro-ségrégation. Vous animez les craintes de gens ignorants, vous faites perdurer les stéréotypes, dans l’unique but d’acquérir des voix pour une quelconque prochaine élection. J’en suis à me demander qui de vous ou du film Idiocracy à inspirer l’autre, mais cela semble être du ressort de la poule et de l’œuf.

Malgré tout, le monde a changé. En dépit de la vétusté de vos idées, de votre racisme ambiant,  l’égalité entre tous les êtres humains est une valeur socialement acceptée. Aujourd’hui, le Front National ne peut plus se permettre de déballer ses conneries à visage ouvert, ce rôle étant réservé aux chroniqueurs de Touche Pas A Mon Poste. Alors, pour vous, quoi de mieux que d’avancer masqué  ? (Tout en prenant une grosse voix. Ce qui me rappelle un très mauvais super héros. Et Ben Affleck) De ce côté-là, je dois bien admettre que tu fais fort : les mots ont changé, la formulation a été enjolivée : « arabe » ou « noir » devient « immigré », « la France aux français » devient « la souveraineté nationale », … Et malgré le danger que tu représentes, tu as enfin réussi à « dédiaboliser » des idées enfouies depuis plus d’un demi-siècle en France : le racisme, la ségrégation, ou encore la discographie complète de Johnny Hallyday.

Tu utilises magistralement la loi pour servir ta quête du pouvoir. Tu sais faire appel au droit d’existence politique quand cela t’arrange, oubliant étonnement les notions de droit d’asile politique, ou de droit au soin lorsque qu’il s’agit d’immigration. Tu interprètes avec choix les chiffres, cachant volontiers ceux qui infirment tes positions. Par exemple, je ne t’ai jamais entendu dire que sur les 200 000 immigrants français en 2010, seuls 30 000 l’étaient pour raison économique. N’as-tu donc rien appris des effets néfastes de la propagande ? N’as-tu donc pas suivi de cours d’Histoire ? Étais-tu trop occupée à écouter papa te dire qu’on avait pas vraiment de preuves quant à l’existence des camps de concentration ?

Cette phrase m’avait aussi beaucoup fait rire, jaune du moins : « […] à travers le business et l’action sociale, les Qataris s’efforcent de diffuser parmi les jeunes Français d’origine musulmane la religion-idéologie wahhabite – la tendance la plus obscurantiste, la plus proche du salafisme, de l’islam, dont l’autre bastion est l’Arabie Saoudite. » Ce à quoi je rajouterai qu’ils gangrènent la tête de nos chérubins, leur apprenant à piquer des sacs et à voler notre travail.

Même lorsque tu n’as rien à dire, tu trouves un moyen que l’on parle de toi. Tu t’appropries des propos, des évènements qui n’ont jamais eu de rapport avec ce que tu craches lors de tes meetings. Je pense notamment à ta majestueuse invention, en co-production avec l’UMP, du racisme anti-blanc. Tu fais de cas isolés des tendances prêtes à servir tes intérêts, soit à attiser à la fois la peur et la curiosité des gens (cf. Mohamed Merah). Ton parti n’est en quelque sorte qu’une version politique du torchon  » Le Nouveau Détective » : de la poudre aux yeux balancée afin de faire appel à la plus grande bassesse humaine qui soit. Plutôt que de faire appel à la réflexion, plutôt que de convaincre la population, tu cherches à la persuader, à l’émouvoir, à l’endormir par tes belles phrases et par ton éloquence.

Tu ne dois pas tout à cette éloquence, il faut bien l’avouer. D’autres acteurs ont permis et permettent encore ton ascension fulgurante et inquiétante. La crise économique, tout d’abord, qui, comme chacun sait est sensé savoir, a vertu à pousser les citoyens à se renfermer sur leur propre personne, et ainsi à exprimer leur peur de l’inconnu. Les médias, ensuite. Servant désormais leur propre intérêt, à savoir la recherche d’audience, les chaînes d’information, comme TF1, France 2, ou NRJ12 veulent du spectacle, du show, du sexe. Et du spectacle, du moins, tu leur en offres. Mieux, tu occupes le terrain chaque jour qui passe, par tes interventions aussi inutiles et vides de sens que celle de Bernard Henri-Lévy. Tu t’imposes au travers de pseudo-débats sur le statut de ton parti, ou encore avec tes réponses chocs aux journalistes ratés tels Jean-Michel Apathie, Claire Chazal, et bientôt Jean-Marc Morandini. Ceux-ci, qui, à force de parler de toi et de ton parti, te dédiabolisent à leur tour. Il en sont rendus, aujourd’hui, à débattre sur au fait de poursuivre ou non Minute pour sa une raciste, quant on connaît son affinité certaine avec votre extrémisme. Au final, tu partages avec Nabilla et Cyril Hanouna le fait d’être une source incommensurable de profit pour les propriétaires de chaînes TV. En résumé, tu es comme Carglass : les téléspectateurs te voient tellement qu’il finissent par croire tes imbécilités.

De plus, tu profites allègrement de la descente aux enfers de l’UMP et du PS, les deux partis les plus importants du pays. Te régalant des discours d’abrutis complets tels que Copé, Fillon, Valls, Hollande (les Teletubbies) et j’en passe, tu prétends être la seule alternative à cette Berezina politique. Cela marche tellement, que même les principaux intéressés, à savoir la brochette de pelos citée plus haut, vont sur ton terrain, et s’adaptent à tes discours, sans même en mesurer le danger. Se chiant dessus jour après jour, ils t’offrent la voix des déçus, qui finissent par croire que bon, on est plus chez nous dans not’ pays, et pis’ tous ces noirs en équipe de France…

Tu as d’ailleurs réussi à réunir une équipe de fidèles aussi passionnants et intelligents que la clique de Thor dans le film du même nom. A leur tête, ton vice-président, Florian Phillipot, menteur chronique, et fabuleux adepte de la langue de bois. Premier responsable de la falsification des chiffres, il est actuellement à la tête du service de communication, et semble s’éclater dans le rôle de dénonciateur de la théorie du complot contre ton parti. Dernière œuvre en date, sa qualification de la rubrique « Désintox » de Libération : « Oui, [à propos de Libération], ils ont une rubrique qui s’appelle Désintox. Parfois c’est vrai. Parfois non.» ». Comprendre : quand ils sont d’accord avec nous, ils ont raison. Sinon, ils ont tort. Mieux que le gouvernement russe. J’en profite pour tataner la margoulette de bisouiller ta fille Marion-Maréchal et ton compagnon Louis Alliot qui montrent que le système de dynastie familiale ne s’est pas éteint en 1789. Collard, quand à lui, je le croise tous les lundis au PMU de Garrigues, je le saluerai donc moi-même.

Ainsi, je ne saurais que te donner ce conseil. Ouvre un livre d’Histoire, regarde des films, cultive-toi. Apprends que des dizaines de personnes avant toi ont attisé les peurs, stigmatisé des populations afin de servir leurs intérêts personnels. Et si tu possèdes un semblant de jugeote, et d’humanisme, tu arrêteras sur-le-champ la politique, par exemple pour aller élever des moutons dans le Larzac, t’engager dans la lutte contre la destruction des minitels, ou qui sait, ouvrir un blog mode.

Pour finir, je vais te prévenir. Il y a, et il y aura toujours, des gens assez réfléchis pour ne pas tomber dans ton piège. Toujours des gens pour remarquer que tes dérapages racistes, antisémites, homophobes, ainsi que ceux de tes amis, sont certainement plus que de simples lapsi. Toujours des gens pour voir que tes idées ne reposent que sur un fond digne des pires extrémismes du XXè siècle. Toujours des gens pour se souvenir des atrocités commises par un parti extrémiste au pouvoir. Toujours des gens pour voir ce danger dont tu es aujourd’hui la personnification.

Le début d’une grande aventure !

Tout a commencé il y a une vingtaine d’années.

Je suis né dans les années 1990, et, nom d’un petit bonhomme, c’était le bon temps. Kurt Cobain filait le parfait amour avec mademoiselle Cox, ce bon Herbert Baumeister était encore de ce monde, et surtout, LOL n’était pas encore dans le dictionnaire. On gambadait dans les champs, récitant des poèmes de Ronsard à qui voulait bien les entendre. On se réunissait entre amis autour d’un bonne partie de Super Mario Bros 3. On adorait voir Cassandre jalouser la nouvelle coupe-mulet de Mélanie. Le bon temps, je vous dis.

Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé. Outre la mode du tuning, et des soutien-gorges apparents, paraît-il que nous serions en crise. Et bizarrement, j’ai l’intime conviction que la crise, de quelque nature qu’elle soit, rend les gens un peu cons. Et pire, j’ai l’impression que plus l’on avance dans le temps, plus la connerie devient le nec-plus-ultra de l’accession à la popularité.

Aussi, j’ai décidé de réagir, même si ce n’est qu’un peu. Je crée ce blog, aujourd’hui, afin de cracher aimablement sur tous ces dignes porteurs de la flamme de la bêtise, qui vraisemblablement nous anime tous de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe. Et également, je dois bien l’avouer, pour faire chier alimenter le discours des gens qui me trouveront passéiste et blasé malgré ma sublime jeunesse.

Côté forme, il s’agira de lettres ouvertes, comme le dit le titre, adressées aux aimables abrutis qui pullulent dans nos médias, et par conséquent, dans nos vies. Le but n’étant pas de détruire une personnalité à base de « Ta veste te boudine ! », mais plutôt de lui adresser un low kick rotatif argumenté dans la margoulette, sans oublier le rire et la franche camaraderie, que diable !

On commencera dans les prochains jours, avec une petite lettre adressée à Marine Le Pen, qui j’imagine vous fait autant rêver que moi en ce moment !

Ma plume me démange !